“Stéréotype et réécriture du voyage dans En attendant le vote des bêtes sauvages et Allah n’est pas obligé d’Ahmadou Kourouma: une écriture décentrée de l’Histoire”

DATE : 2006

PUBLIÉ DANS : Francophone postcolonial Studies 3.2 (2006): 26-50

RÉSUMÉ DE L’ARTICLE : La remise en cause de l’héritage culturel métropolitain a engendré de nouvelles formes d’écritures que nous pourrions percevoir comme la métaphore d’un acte de protestation, une volonté de se réapproprier une identité longtemps spoliée par l’Histoire coloniale. Face à l’impérialisme d’un imaginaire français qui a longtemps instillé dans les mentalités une certaine perception littéraire de l’Afrique – comme nous le faisait justement remarquer Edward Saïd dans Orientalism et plus récemment dans son recueil d’articles Reflections on exile and Other Essays –, nous nous attacherons aux deux dernières œuvres d’Ahmadou Kourouma pour voir la manière dont l’écrivain a su répondre à cette vision falsifiée de l’Histoire. Comment Ahmadou Kourouma assume-t-il ses droits à l’autonomie discursive en faisant un retour sur son propre imaginaire ? Quelles sont les stratégies d’écriture qu’il utilise pour faire éclater son refus de se reconnaître dans un discours souvent hérité des recherches anthropologiques du 19e siècle ? Le pastiche des grands récits d’explorateurs dans En attendant le vote des bêtes sauvages vient questionner une perception réductrice de l’Afrique tout comme l’utilisation du stéréotype permet de repenser la position ambiguë de l’Occident vis-à-vis de l’Afrique. En réutilisant certains modes de représentation propres à la littérature occidentale, en jouant avec les différents registres de la langue française, Ahmadou Kourouma entre en résistance pour dénoncer l’intériorisation des schèmes coloniaux et réécrire sa propre perception de l’Histoire africaine.

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